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Dossier : Back to Basics, l’histoire des systèmes d’alarme – Rétrospective des systèmes d’alarmes

Dossier : L’histoire des systèmes d’alarme d’hier à aujourd’hui

Back to Basic, pour un retour aux sources, un voyage dans le temps, plus loin que la DeLorean de Marty McFly, à une époque ou le convecteur temporel était à des années-lumière d’être créé, où bon nombre d’entre nous imaginaient un monde calme, loin des technologies intrusives, et pourtant, sombre erreur… Nous sommes en 1853, et non 1985, l’électricité s’étant tout juste démocratisée grâce au génie Thomas Edison, que déjà, les premiers systèmes d’alarme moderne vivent leurs premiers émois… Difficile à croire, mais en cette veille d’été, un jour du 21 juin 1853, un certain Américain nommé Augustus Russell Pope va bouleverser les codes, révolutionner la protection des habitations en déposant le brevet du premier système d’alarme électromagnétique «Improvement in Electro-magnetic Alarms»... Chien de garde, oies, ou simples commérages entre voisins étaient les seuls moyens d’alerte utilisés à l’époque pour protéger ses cultures et ses biens les plus précieux. Augustus Russell Pope, génie visionnaire totalement avant-gardiste, vient ainsi d’ouvrir la voie aux systèmes d’alarme actuels, en créant une solution perfectionnée que nous aurions grandement aimé avoir à notre disposition afin de pouvoir vous le présenter en détail dans ce dossier…

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1857 : Edwins Holmes, le businessman qui « industrialisa » les systèmes d’alarme

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De conception très minimaliste, mais ô combien efficace, la solution d’Augustus Russell Pope fonctionnait sur un principe simple, mais ingénieux. Portes & fenêtres étaient connectées sur un circuit en parallèle. Si l’intrusion était avérée par l’ouverture d’un accès, le circuit électrique générait des impulsions vers un aimant qui, ainsi excité, se mettait à émettre des vibrations. Les vibrations en résultant, actionnaient un marteau qui frappait une cloche et générait ainsi, une alerte sonore. L’alarme était née… Très efficace pour lutter contre les brigands, cette solution brevetée a été reprise en 1857 par un certain Edwin Holmes pour la somme de 1 500 $. Au fil du temps, Edwin Holmes, fin businessman et doté d’un sens du commerce particulièrement aiguisé, développa une stratégie purement marketing pour la prolifération de son système d’alarme. Misant donc sur le marketing (chose rare à l’époque), Edwin Holmes diffusa publiquement sa liste de clients dans le très célèbre magazine New Yorker. Une liste de près de 1 200 clients aux États-Unis. Améliorant considérablement le système d’alarme conçut à l’origine par Augustus Russell, en le dotant d’une horloge programmable, ou encore d’un système de zone que nous connaissons bien aujourd’hui. Le second coup de génie vient de son fils, Edwin T. Holmes qui démocratisa considérablement les systèmes d’alarme en raccordant dans un premier temps ses systèmes anti-intrusion aux lignes téléphoniques inutilisées des entreprises de Boston, puis celles de New York…

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Edward Calahan, un troisième pionnier des systèmes d’alarme

Edward Calahan siège aux places d’honneur de l’élite, ayant démocratisé les systèmes d’alarme. Le projet d’Edward fut d’équiper les maisons de quartier d’un boitier d’appel d’urgence. Chaque maison étant reliée à une autre et ainsi de suite. le système d’Edward permettait d’avertir rapidement en cas de cambriolage. Chaque maison était différenciée par un son de cloche différent… Plus tard, Edward crée ainsi ce qu’on appelle aujourd’hui la télésurveillance. Directement raccordée à ses boitiers d’appel d’urgence, la centrale d’appels développée par Edward permettait de déployer des gardiens afin de procéder à une levée de doute et de confirmer l’intrusion. Au fil du temps, plusieurs centrales d’urgence virent le jour à New York, permettant d’assurer des interventions rapides et relativement efficaces. Les boîtiers d’appel d’urgence d’Edward Calahan devinrent rapidement un standard adopté par les pompiers, les services de police et de renseignements dans la quasi-totalité des États-Unis et ce, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Il va de soi qu’ Edward fut vraiment un levier de croissance pour la démocratisation des systèmes d’alarme au sein des entreprises, mais également des foyers américains.

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Au cours du 20e siècle : de nombreuses technologies viennent s’adjoindre aux systèmes d’alarme

Pendant près de 100 ans, seuls des contacts de portes & fenêtres assuraient la sécurité des maisons ou entreprises. Une protection minimaliste, mais relativement fiable bien que très vulnérable… L’alarme s’étant démocratisée, bon nombre de foyers ont opté pour un système d’alarme afin de protéger leur maison. Cette multiplication d’utilisateurs n’apporta pas que du positif. Les systèmes n’étant que faiblement immunisés aux déclenchements intempestifs. Ce manque de fiabilité apportait son lot de « cocasserie ». En effet, il pouvait arriver qu’un emballement du système submerge d’appels les opérateurs… Heureusement, au fil des années, les systèmes d’alarme se sont nettement améliorés, pour le plus grand bonheur des utilisateurs, mais également des opérateurs inondés d’appels… Au début des années 50, l’arrivée massive de l’électronique a permis de grandes avancées en matière de protection électronique. Ainsi, à l’aube des années 60, bon nombre de magasins, musées, ou maisons pour les plus fortunés possédaient leur système d’alarme. Il faudra attendre les années 70 pour qu’enfin, arrivent les premiers détecteurs de mouvement. Fonctionnant sur le principe d’un radar, les premiers détecteurs de mouvement «PIR» pour «Passive Infrared Sensor» envoyaient une onde radio et détectaient ainsi un individu, mais également un insecte ! Cette technologie était source de déclenchements intempestifs qui ont traumatisé bon nombre d’utilisateurs et qui inquiètent toujours de nos jours ! Le début des années 80 marqua le début de l’ère post-moderne avec l’arrivée de la technologie dite «infrarouge» venant à «fiabiliser» les détecteurs de mouvement. Les années 80-90 furent marquées par la démocratisation des systèmes d’alarme. Rentré dans les mœurs, s’équiper d’un système d’alarme anti-intrusion était devenu bien plus abordable. Cette généralisation des systèmes de sécurité a profité à bon nombre d’installateurs pour se bâtir de véritables petites fortunes !

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1990-2000, une pléthore de brevets, les systèmes d’alarme deviennent irréprochables

Les années 80 ont apporté maturité aux systèmes d’alarme. S’étant totalement démocratisés, bon nombre de foyers, commerces ou entreprises s’équipent pour lutter contre l’intrusion. En France, les très cultissimes CMP 3000 & 4000 ont équipé bon nombre de résidences à partir de la fin des années 80. Des marques comme Aritech UTC Fire & Security, AlarmCom (Siemens), Scantronics, Ademco, Daitem, Visonic ou Elkron se sont bâti une belle image de marque durant cette période. La révolution technologique semble engagée et rien ne semble l’arrêter. Les systèmes deviennent de plus en plus performants et semblent totalement se démocratiser au sein des foyers français. Point de « tout IP » mais place au service de télésurveillance pour la gestion des alarmes. Les systèmes deviennent de plus en plus perfectionnés et jouissent de très nombreux brevets dont certains, encore utilisés de nos jours. L’arrivée des systèmes sans fil va bouleverser les habitudes des installateurs, réduisant considérablement la main d’œuvre, et générant de nombreux débats houleux à plus d’un réfractaire à cette technologie ! Dans la gamme sans-fil, nous citerons les séries «Alert II 5600» et «Alert III 5700» du fabricant Honeywell anciennement Ademco, ayant considérablement marqué l’histoire des systèmes d’alarme radio. De plus en plus sophistiqués, les produits déployés nécessitent dextérité et patience pour leur installation. Les années 90 ont été marquées par de nombreux systèmes devenus cultes. Nous citerons évidement les CS, Master et Advisor CD du fabricant Aritech – UTC Fire & Security, équipant encore bon nombre d’entreprises, mais également moins connue, la Digiplex du fabricant canadien Paradox, sorti en 1996 et étant à l’époque, une véritable révolution grâce à son bus extensible crypté. D’autres marques comme les systèmes Daitem, où Siemens et sa Sintony, ont participé à l’histoire des systèmes d’alarme actuels que nous connaissons aujourd’hui.

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2000-2010 : l’avènement du tout connecté offre à l’utilisateur la maîtrise totale de son alarme

Les années 2000 ont été marquées par des avancées majeures dans le domaine de l’informatique, mais également le comportement et les attentes des utilisateurs devenus bien différents. Jadis cantonnés à uniquement protéger nos biens les plus précieux, les systèmes d’alarme actuels se pilotent depuis un smartphone et offrent une pléthore de fonctions apportant un réel confort à leurs utilisateurs. Les systèmes d’alarmes deviennent de véritables majordomes, prenant ainsi le contrôle complet des habitations… L’arrivée massive de la domotique a permis de rendre (enfin !) conviviaux les systèmes actuels. A fortiori, cet excès de confort a aussi tristement démocratisé l’arrivée massive des «pseudo» systèmes d’alarme Low Coast diffusés dans les boutiques spécialisées, ayant apporté grand nombre de déboires à leurs utilisateurs. Quoi qu’il en soit, 30 ans après les premiers systèmes d’alarme 100 % électroniques, certaines marques continuent leurs innovations en proposant des produits à la pointe de la technologie qui, tel un contrat à durée indéterminée, vous accompagnent tout au long de votre vie… Qu’elles seront les évolutions majeures pour la protection électronique dans les 10 prochaines années ? Dur de se prononcer. Certains domaines tels que la vidéosurveillance ou le contrôle d’accès semblent évoluer plus rapidement que les systèmes d’alarme mais a contrario, offrent une durée de vie technologique moindre face aux systèmes d’alarme qui semblent pactiser avec leur utilisateur pendant 20 à 30 ans.

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REDACTION :

Féru des nouvelles technologies, tout en possédant une fibre "RetroGeek" je suis spécialiste depuis plus de 10 ans dans le domaine de la sureté électronique, autodidacte et perfectionniste avec moi-même, mon métier, au contact des hommes & des machines est la source de mes inspirations.

3 Comments

  1. Pierre

    Cette lecture m’a sembler trop courte ! Merci beaucoup pour ce moment que j’ai passé a vous lire.

  2. benoit g

    Excellent !! J’ai appris beaucoup de choses.
    1500 $ à l’époque … on est toujours au même prix pour certains systèmes même si évidement cela valait une véritable fortune à l’époque …
    et publier la liste de ses clients … il fallait oser ! alors que l’on cherche plutôt de la discrétion 🙂

    • Axel

      Merci pour ce retour ! Oui, les prix étaient tout simplement « extraordinaire » à l’époque !

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Commentaires récents

  • Bonjour Marc, Merci pour votre retour, c’est gentil et toujours appréciable ! Pour répondre à vos questions concernant le brouillage, je vous invite à faire un petit tour sur cet article : <a href="https://www.ass-security.fr/blog/etude-des-alarmes-sans-fil-brouillage-vulnerabilite-perturbation-433-ou-868-mhz/">Brouillage & Vulnérabilité des systèmes d’alarme</a> En cas de coupure courant, les systèmes d’alarme dignes de ce nom tiennent environ 24-48heures sur leurs propres batteries. Concernant le brouillage, n’hésitez pas à lire l’article, justement j’en parle. Il est possible toutefois de passer par des réseaux hors GSM de type LoRa ou Sigfox ce qui fera l’objet prochain d’un dossier consacré à ce type de technologie (les réseaux de transmission LPWAN). Encore merci pour votre commentaire ! Axel

    by Axel Dossier : Comparatif des alarmes maison sans fil certifiées - Quelle alarme sans fil choisir ?

  • Bonjour, Votre article est long et détaillé et pour ce travail de vulgarisation un grand merci :-) Pour moi néanmoins ce la soulève beaucoup d'autres question. Vous semblez favorisez la gamme powermaster de visonic qui présente apparemment d'excellentes caractéristiques. Pour tant celle-ci reste monofréquence et donc facilement brouillable,en quoi cette centrale semble plus sécurisée qu'une autre ? En effet j'imagine qu'une coupure de courant doublée d'un brouillage adéquat va rendre la centrale complètement inopérante. En fait à ce stade je m'étonne du peu d'inventivité des fabriquant d'alarme ...et notamment des centrales à changer de fréquence et/ou a prévoir de base un répéteur GSM éloigné de l'habitation. Un autre point elle ne possède pas de clavier déporté ce qui rends la centrale facilement identifiable et donc neutralisable rapidement. Merci d'avance pour vos précisions.

    by Marcvivi Dossier : Comparatif des alarmes maison sans fil certifiées - Quelle alarme sans fil choisir ?